FIN DE PARTIE OU SAISON 2 …Montpellier Municipales 2020

PORTÉ Dominique / ROQUES Georges

9782350688121

Ce livre-essai se propose de dessiner le cadre électoral montpelliérain, ses contraintes géoéconomiques, le poids de son Histoire, sans négliger le portrait du maire, héritier, dissident et si communiquant…un ouvrage co-écrit par Dominique Porté et Georges Roque

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1977 Georges Frêche accède à la mairie. Un long bail pour les socialistes jusqu’en 2014. Plus de 35 ans ! Puis vint la surprise. Un candidat antisystème, un hors parti s’impose au second tour en 2014. Lors d’une quadrangulaire, avec un peu plus de 37% des votants et à peine plus de 20% des inscrits, Philippe Saurel devient maire. Issu du sérail socialiste, en rupture de ban, il représente une première faille dans une tendance plus que trentenaire.Espoir de renouvellement, promesse de gouvernance plus équilibrée accompagnent ce virage. L’exercice du pouvoir a-t-il été à la hauteur des attentes suscitées ? 2020 sera-t-elle l’année d’une saison 2 ou d’une fin de partie ?

MAJ texte du 30/06/2020 de Dominique Porté suite aux 2e tour des élections à Montpellier et à la victoire écrasante du candidat PS Mickael Delafosse

Montpellier, la fin de l’illusion anti partis

La défaite du sortant à Montpellier n’est pas vraiment une surprise. Plutôt une confirmation que la convergence d’indices concordants  pouvait laisser prévoir : scores électoraux de 2014 à 2018, conflits permanents avec les autres collectivités, incapacité à élargir le socle électoral, exercice solitaire et autoritaire du pouvoir.

Pourtant, il y a moins d’un an « l’élection pour certains oracles proches du pouvoir municipal devait être une simple formalité, un parcours de santé pour le sortant ». Ce fut un chemin de croix, une trajectoire chaotique au sourire forcé pour s’achever sur une amère défaite … pourtant concevable et même probable. Cet échec pose plusieurs questions.

Tout d’abord sur la cécité, l’aveuglement des médias estimant « les jeux sont faits ». Me reviennent les paroles de ce directeur de presse- sur de son avis parce qu’il est de Montpellier depuis des années !- insistant sut le large soutien populaire du maire sortant. Il ne fut pas le seul dans l’univers des professionnels de l’information à reprendre et à répandre cette idée. Par conformisme et par une sorte de conservatisme naturel aux gens en place qui ne jugent et n’apprécient les situations que de leurs positions. L’information a moins besoin de croyances que de connaissances et de capacité de compréhension et d’interprétation. Ce peu d’écoute, cette faible capacité d’audition des vibrations d’une société, de ses contradictions et de ses divergences, ne peuvent ne pas être mis en relation avec la faiblesse d’intérêt du public pour la presse locale d’information. Certes, il n’est pas le seul facteur de ces difficultés mais il y contribue.

Par ailleurs, le Saurel de Montpellier aura été le Vigouroux de Marseille, en plus bref mais avec cette similitude de pape de transition. Neuf ans pour le maire de Marseille, six ans pour celui de Montpellier. Tous deux étaient issus du parti socialiste, et même pour Vigouroux de la SFIO. Coté marseillais, un long compagnonnage de 1964 à 1989, soit 35 ans, coté montpelliérain un passé de 20 ans au parti socialiste. L’un comme l’autre, dans des contextes différents, s’éloignent et se séparent du PS. Saurel ira même jusqu’à « théoriser » son rejet des partis en général mais concentrera son acrimonie (les vieilles rancoeurs !) sur le PS qui lui préféra un autre candidat en 2014. Dans un  petit opuscule bavard Réparer la République il exprime le souhait d’une personnalisation forte de la vie politique, d’un lien direct avec le peuple et d’un homme providentiel seul maitre à bord. Singulière conception de la démocratie, vision aux dérives évidentes si aucun relai et aucune institution ne sont reconnus dans le fonctionnement démocratique. L’emploi à l’envi du mot « citoyen » comme le positionnement apolitique ne sont que des postures opportunistes dans l’air du temps reprenant les critiques les plus anciennes de la droite extrême sur les organes de la démocratie. Cette stratégie d’effacement et de camouflage brouille plus qu’elle n’éclaire les choix électoraux. Les exemples sont légion de ces candidats sans programme, sans étiquette, sans parti : l’élection de 2020 aura permis de faire un étalage jusque là inégalé en déguisements et autre travestissements. Ni de droite ni de gauche ou de droite et de gauche ou tous pourris, de tels slogans ne font qu’anéantir le débat démocratique, tout simplement en le refusant et le disqualifiant.

 La critique des partis, leur besoin de renouveau et de réforme, ne peut passer par le choix d’un chef tout puissant. Seul l’élargissement de la démocratie et non son rétrécissement au pouvoir personnel, peut restaurer et approfondir une réelle dynamique démocratique. La déroute du sortant clôt dans l’immédiat une démarche solitaire, un discours ambiguë au accents réactionnaires (l’antipartisme est un des fondamentaux du RN) et un positionnement opportuniste entre une posture gestionnaire et un pseudo patriotisme local et chauvin.

Dans Montpellier 2020- Fin de partie ou saison 2 ? (Editions Cairn, 2019), coécrit avec Georges Roques, nous rappelions que « comme dans un conte dont il serait le héros, le second chapitre s’ouvre sur un avenir incertain » et nous prodiguions alors ce conseil auquel l’actualité a donné quelque pertinence : « Il pourrait prendre le temps d’écrire sur son passage proposant alors bien des éclaircissements sur une aventure où les épisodes et les circonstances se sont conjugués pour accoucher de ce destin ». Certes éphémère ! À l’instar de Robert Vigouroux qui publia en 2012 un livre d’entretien éclairant : Les silences rompus.

Format 15 x 21 cm
Date de parution novembre 2019
Type de brochure Broché

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