Une journée sur une plage du Sud-Ouest à la Belle Epoque

Une chose est sure, la baignade n'était pas l'intérêt principal d'une station balnéaire !


Les plaisirs de la plage au XIXeme dans le Sud-Ouest

Par Charles Daney


Le spectacle est sur la plage et non dans l'eau !
Les baignades sont assez rares. Les moins expérimentées des baigneuses se tiennent à une corde mise en avant par le « professeur de natation ». Sur la plage, la mode a repris ses droits. Elle comporte une tenue plus légère qu’en ville, le large chapeau et surtout l’ombrelle qui est l’accessoire indispensable des femmes aux bains de mer, sous l’Empire. La tente de toile aux rayures bleues et blanches n’existe pas encore. La station allongée sur la plage, telle que nous la concevons aujourd’hui, n’existe pas davantage. Les femmes, assises sur un fauteuil de plage, sous la protection d’un chapeau ou d’une ombrelle, lisent ou brodent ; elles accompagnent et surveillent les enfants. Dans les années 1860, Louis Veuillot le mentionne : « Les enfants s’y portent bien, les parents y sont sages. »

Femmes en costumes de bain 1895 - gravure de mode

La station en 1863 : " La santé de mes filles me remplit d’enthousiasme pour ce lieu tout à la fois pacifique et animé. Nous avons comme tout le monde notre petit chalet, tout entier à nous, avec
d’aimables voisins à droite et à gauche. Nous sommes sur le bord de l’eau mais c’est un grand lac avec l’odeur de la mer et quelque chose de son profond gémissement. La rive circulaire est bordée d’une ribambelle d’enfants florissants et joyeux qui, presque tous, font des trous dans le sable." Louis Veuillot, « Petits voyages » dans Historiettes et fantaisies, édition Victor Palmé 1866

Photo-Georges Ancely-Biaritz - fin XIXeme


Du côté plage, une vie tranquille où « les enfants font des trous », des « châteaux de sable ». Les jeux et les spectacles de plage se multiplient. Les adolescents jouent au badminton ou inventent desjeux mixtes comme la course à la cravate décrite à Royan. Le café de la plage – de plain-pied avec le sable, retient davantage les hommes. Ils y lisent le journal, regardent la mer, jaugent les bateaux du regard, ce que Mauriac attribue aux femmes des terrasses de première ligne. C’est à l’intention des touristes que les habitants préparent des spectacles comme les courses d’échasses (à Arcachon) ou les corsos fleuris, des chasses à courre, des golfs ou des tennis, des embarquements avec « un marin du pays » pour la pêche ou la promenade… La station balnéaire doit être le trésor de fêtes nombreuses, débordant même le cadre de la plage. Le journal local les annonce.

Gravure - course d'échasse à Arcachon

Les deux distractions les plus importantes sont la musique et les courses de voiles

La musique est partout : au casino et dans les hôtels qui disposent de salles de bal, en plein air sous les gloriettes où s’attardera, un peu plus tard, D’Annunzio.

" Le jeune musicien avait un visage rasé, anguleux et semé de pois chiches velus, à la Franz Liszt ; il portait des lunettes de professeur, à monture d’or, sur un nez presque grec, l’ancienne tignasse dépoudrée de Jacques Péri, une cravate à doubles tours au-dessus d’un long gilet de velours noir comme en ont les élégants, sur les lithographies de Gavarni ; mais par l’art merveilleux de ses doigts et de ses esprits il révélait en lui un vrai « maître claveciniste » digne du XVIIIe siècle, digne du divin napolitain." Gabriele D’Annunzio, La Leda sans cygne, récit de la Lande, Parie, Calmann-Levy, éditeurs, 1921

Un de ces musiciens « en tournées » comme il y en eut tant à l‘époque!

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