L'origine des bastides landaises

Découvrez l'histoire des bastides landaises (en photo Saint-Justin)

A la découverte de l'origine des bastides landaises

Alors que le confinement dure depuis plusieurs semaines, les rues et les villes se sont endormies. Villes… et bastides ! Car dans le Sud-Ouest, il y a de nombreuses bastides.

Connaissez-vous leur origine ?

 « Depuis l’an 1000, la population s’est accrue fortement dans l’Occident latin. Grâce notamment au progrès du transport maritime, les échanges économiques se sont développés, à l’échelle du continent eurasiatique (routes de la soie, des épices) et de l’Europe (vin, draperie, sel, minerais…) (…). Dans le sud-ouest de la France actuelle, il n’y avait pas de villes significatives dans un triangle Bordeaux-Toulouse-Bayonne. Ce retard sera comblé en différentes étapes. Les créations de villes ou villages sont d’abord impulsées par les monastères (sauvetés), puis par les seigneurs (bourgs « castraux » à l’abri du château, « castelnaux »). »[1]

Comme nous le rappelle Jean-Jacques Taillantou dans Petite Histoire des Landes :

« Du XIe au XIVe siècles castelnaux et bastides encouragent le peuplement des pays landais. (…)

Le castelnau (le « castel nau »), littéralement en français le « château neuf », n’a pourtant pas ce sens-là dans le vocabulaire des médiévistes. Ainsi, le castelnau naît d’un processus qui regroupe progressivement le château et l’habitat civil, certes proches, mais qui étaient jusqu’alors bien différenciés spatialement. Le château isolé laisse donc la place à un duo château-village à l’abri d’une enceinte de terre ou de pierres. Cette agglomération naissante, sous tutelle seigneuriale, accorde des droits particuliers à ces néo-habitants afin de peupler le castelnau. Ainsi, le seigneur octroie-t-il un lot à bâtir pour attirer les « poblans ».

Cet urbanisme a souvent entraîné l’abandon de l’habitat antérieur, dont l’église en était le marqueur le plus visible.

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, une autre forme d’urbanisme se développe. Du gascon « bastida » (bâtie), la bastide, agglomération planifiée, voit donc le jour. Parallèlement, elle s’absout de la présence et de l’emprise tutélaire du château. La bastide s’articule, dans la majorité des cas, autour d’une place à vocation d’abord économique. L’image traditionnelle de la bastide se réfère souvent à cette place centrale bordée de couverts (d’arcades). Fondées entre 1268 et 1346, elles sont souvent la dernière étape du mouvement urbain de la période médiévale. Certaines d’entre elles sont le résultat de la transformation ou du prolongement d’un castelnau. Elles ont pour objectifs principaux d’urbaniser les campagnes, de continuer à mettre en valeur des terres déjà agricoles, de favoriser le commerce et la collecte des impôts. S’ajoutent aussi des finalités politiques intimement liées aux rivalités entre le roi-duc anglais et le royaume de France. Elles ont donc aussi une fonction défensive qui n’est pourtant pas la préoccupation majeure du fondateur. L’enceinte concentrique se résumait souvent à un terrassement surmonté d’une palissade, doublé d’un fossé. Parfois elles s’abritaient derrière des remparts comme à Saint-Justin ou s’enorgueillissaient de portes fortifiées telles celles d’Hontanx et d’Hastingues. Nées de la volonté du roi de France, du roi-duc ou d’un seigneur local, les bastides appuient leur fondation sur un contrat de paréage, un contrat d’association entre le propriétaire des terres et l’instigateur de la ville neuve. »[2]

Et vous connaissez-vous les bastides du Sud-Ouest ?

À lire : Petite Histoire des Landes, Jean-Jacques Taillantou, Editions Cairn, 2020

Petite Histoire des Bastides, Jacsques Dubourg, à paraître en septembre 2020

Nous remercions chaleureusement Elise Cassaigne de nous avoir fourni la photographie de Saint-Justin.

[1] https://bastides64.org/definition-bastide/ 

[2] P. 57, 58, 59

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