Ducasse François & Patrick Espagnet

Cahiers de la corrida avec entre autres les photographes Gérard Rancinan et Michel Dieuzaide. Il publiera quelques années plus tard deux livres qui feront référence dans le monde taurin avec la complicité des écrivains Patrick Espagnet et Zocato. En 1988 Jean Lacouture préface son premier livre photo L’Espace d’un regard. Le deuxième fil conducteur de sa vie de photographe sera la politique française qu’il photographie sans discontinuer. La publication en 2008 des Visages de la République avec les textes de Jean-François Bège et Sciences-Po Bordeaux en est la preuve manifeste.
Concomitamment à ces activités domestiques, il réalise de nombreux voyages à l’étranger, dont les plus marquants sont un reportage sur les routiers internationaux transportant du matériel industriel dans les pays arabes après le premier choc pétrolier, une immersion chez les Mennonites du Nord-Mexique, la vie quotidienne en Ulster sous occupation anglaise, les Indiens d’Amazonie équatorienne, le retour au pays de travailleurs portugais ou les fêtes orthodoxes en Grèce et en Roumanie. Entre 1980 et 2000, il enseigne la photo à l’IUT de journalisme dirigé par Pierre Christin puis à l’Institut des sciences de la communication de Bordeaux-III.
Ses photos sont publiées dans des revues françaises - Le Point, l’Express, Viva Magazine, Atlas, Ici et Là, L’Étudiant, Gault et Millau, Le Chasseur français, France Football, L’Équipe et d’autres de renommée internationale tels que Géo, The New York Times, The Wine Spectator ou The Sunday Express. En 1987 il est lauréat du prix Martini pour la meilleure photo de l’année dans le Grand Sud-Ouest, et son nom figure dans l’Encyclopédie internationale des photographes publiée aux éditions Camera Obscura. Suisse.
Depuis 2007 il exploite son fond d’archives en illustrant des livres photo, et l’écrivain Michel Suffran dit de lui dans Bordeaux Mémoire partagée : « …cet homme-là est le contraire d’un passant désinvolte ! Un promeneur plutôt. Et qui sait attendre, se garder disponible. C’est sa rétine même, sa véritable plaque sensible et ses clichés se bornent à consigner la fervente avidité de son œil en perpétuelle alerte ».


Bibliographie :


1988 - l’Espace d’un regard, préface de Jean Lacouture, éditions du Ponant


1988 - Loisirs dans la grande ville, texte de Marc Chesnel, éditions Espaces concrets


1993 - L’Architecture des lieux de chasse en Gironde, éditions William Blake & Co


2003 - Les Chemins de l’arène, texte de Patrick Espagnet, éditions Cairn


2007 - Bordeaux mémoire partagée, préface de Michel Suffran, texte de Jean-François Mézèrgues, éditions de l’Entre deux mers


2008 - Les Visages de la République textes de Jean-François Bège et Sciences-Po Bordeaux, éditions Le bord de l’eau


2009 - Chroniques taurines, texte de Zocato, préface de Pierre Albaladejo, éditions Eaux-fortes


2010 - Chaban et Bordeaux, texte Bernard Lachaise et collectif, éditions Confluences


Ouvrages collectifs :


1984 à 1987 : Le Livre d’or des Girondins de Bordeaux


1988 : The red wines of Bordeaux, editions Simon Loftus


1990 : Traits d’union, des mariages en image


1991 : Regard sur les Français, éditions Berhtramm.


2000 : Les Hauts Lieux de pèlerinage, éditions Flammarion.


2001 : Les Couleurs de la Gironde, éditions Pélican.


2005 : La Grande Aventure de l’Airbus A380, éditions Sud-Ouest.


2010 : Histoire des archevêques de Bordeaux, éditions les dossiers d’Aquitaine.


Expositions personnelles :


1984 : « Paseo por Espana », Casa de Goya . Bordeaux


1988 : « Foot passion », Espace Pernod. Bordeaux


1989 : « l’Espace d’un regard », Captieux et Paris


1995 : « Gens d’Aquitaine », Institut Français de Bucarest. Roumanie


1996 : « Villages du Sud-Ouest », Bibliothèque universitaire de Sibiu. Roumanie


1997 : « Le vignoble bordelais », Carré Amelot. La Rochelle


2001 : « Portraits de résidents, Sonacotra ». Rencontres photo d’Arles, festival off.


2004 : « Escale Bordelaise », salle Mably. Bordeaux


2006 : « Auschwitz », CAJ et mairie de Talence


2007 : « Les Bordelais », Galerie Olala, faubourg des Arts. Bordeaux


2008 : « Les visages de la République », Forum des Arts à Talence ; Sciences-Po Bordeaux, la Maison de l’Aquitaine à Paris


- 19 janvier 2004 / Diplômé de l’IUT en 1980 (Année Spéciale) Patrick Espagnet est décédé à Bordeaux le 18 janvier 2004. Le texte suivant a été publié dans Sud-Ouest lundi 19 janvier, sous la plume de Christian Seguin.
Patrick Espagnet est mort hier, probablement au lever du jour, chez lui à Bordeaux, seul, à quelques pas de la place de la Victoire. L’ancien journaliste de « Sud-Ouest » aurait eu 54 ans en août. Chez nous, il a vécu une quinzaine d’années, en marge des convenances, comme un clochard céleste, entier, brillant, excessif. Celui que nous appelions le « joli petit talonneur de Grignols » ne traversait pas la vie dans le passage clouté qui mène au salon de thé. Il était du dehors, du feu des grands soleils du sport, des ovations taurines, des empoignades de l’amitié dans les bistrots où l’on se regarde dans les yeux.
Patrick Espagnet était fier d’être un fils de la Haute Lande et son atavisme de gemmeur aurait pu l’y faire rester. On ne sait quel vent de terre l’avait d’abord poussé en faculté de droit où il s’était illustré en tête de mêlée, dans le même attelage que Bernard Lapasset, l’actuel président de la Fédération française de rugby. Puis en faculté de lettres qui ne menait qu’au plaisir de savoir lire.
Un jour, Patrick Espagnet a voulu devenir journaliste, alors que les mouvances alternatives de 68 l’avaient collé à la plonge du Piano en croûte, un restaurant du vieux Bordeaux. Il s’était inscrit à l’IUT à l’âge où les autres ont déjà entamé un plan de carrière et il avait envoyé une série d’articles au journal. De Libourne à Pau, à la rédaction locale de Bordeaux et au service des sports, « Sud-Ouest » s’est honoré d’accueillir un type hors normes, un type à pleurer. Quand il aimait, il criait, quand il ne comprenait plus, il était muet de larmes.
De ce parcours incandescent, nous garderons sa relation viscérale au sport à qui il doit d’avoir été heureux. Patrick Espagnet avait cette sensibilité qui suppose qu’on la dissimule pour continuer de vivre. Qu’il soit sous le panier du grand Orthez, à la Coupe du monde de rugby de 1995, derrière la main courante des Béglais, au cœur de l’académie où il retrouvait la joie pure de l’enfance, Patrick nous a donné le roman vrai des profondeurs de notre région. On attendait Espagnet parce qu’il exprimait un patrimoine sudiste, une oralité mise en mots, avec suffisamment d’ampleur et de générosité pour intercaler quelques moments de grâce. Il faut ouvrir ses trois recueils de nouvelles : « Les Noirs », « Quinze histoires de rugby » et « La Gueuse », pour comprendre à quel point il voulait lire le coeur des hommes. La musique ne s’éteint pas. Nous sommes seuls avec son talent.


Jean-François Meekel, Sud-Ouest


Patrick Espagnet s’est tiré, bordel ! Le Passant Ordinaire


Crématorium de Mérignac, un lundi matin pourri de janvier. On est là, nombreux, blafards, à embrasser des copains pas vus depuis longtemps, à se saluer, discrètement, d’un signe de tête. Putain ! Que l’on préférerait être ailleurs ! On est pourtant venu à cette cérémonie religieuse qui l’aurait bien fait ricaner, lui, à la messe, y’a que le vin qui l’aurait tenté Dans ce décor qui ne ressemble à rien, normal, la mort ça ressemble à rien, on se demande ce qu’il aurait pu sentir, humer, écrire. Pas la peine, aujourd’hui, c’est lui qui part en fumée et nous qui peinons autour de quelques mots bien torchés par un confrère.
Il s’est tiré avec son mal de vivre, entre sa tendresse pour les ami(e)s aussi massive que cette détresse qui le jetait dans une ivresse devenue sa compagne et son destin. Bordel ! Il venait de publier coup sur coup 4 bouquins qui résument dorénavant tout son panthéon, les femmes1, les toros, le rugby, les bistrots. Des poèmes et de magnifiques textes courts qui seuls nous relient à lui.


(1) Dernier en date : Madones, poèmes accompagnant des photos de Frédéric Desmesure, chez Atlantica. Les autres ont été chroniqués ici même.

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